À la une : Santé! et Solale deviennent dOSER !

Oser changer
le regard sur l’alcool

Les représentations sur l’alcool et sur les personnes qui en consomment sont influencées par les normes sociales, les repères moraux et les messages de prévention et d’information.

Lorsqu’il s’agit d’appréhender le rapport à l’alcool, deux marqueurs prédominent : la notion de dépendance et la maîtrise des quantités.

Aujourd’hui, ces visions peuvent être enrichies en élargissant le regard à toutes les dimensions liées à la consommation, afin d’ouvrir de nouvelles pistes de réponses pour celles et ceux qui souhaitent repenser leur relation à l’alcool.

Repenser notre rapport à l’alcool, c’est oser changer le regard.

C’est reconnaître que certaines façons d’aborder la consommation peuvent générer honte, culpabilité et stigmatisation pour celles et ceux qui ne se conforment pas aux normes ou pratiques attendues. C’est aussi reconnaître que certaines réponses, trop exigeantes ou peu adaptées aux réalités de vie, aux parcours des personnes concernées, peuvent isoler, freiner le recours au soin et rendre invisibles leurs besoins comme leurs efforts de changement.

Un nouvel angle pour accompagner autrement

Parce que le regard porté sur l’alcool conditionne directement les réponses proposées.

Parce qu’une recherche de solution centrée sur la dépendance ou les quantités laisse de côté de nombreuses situations et besoins.

Parce que la stigmatisation freine l’accès au soutien et retarde les démarches de changement.

Parce qu’il est possible de faire autrement : en ouvrant la focale pour s’attacher aux situations à risques, aux contextes de consommation et aux besoins concrets des personnes, afin de construire des réponses non pas uniquement centrées sur la baisse des quantités, mais en mettant l’accent sur la gestion des risques.

Parce que des approches plus ouvertes permettent de mieux accompagner la diversité des parcours et d’améliorer l’efficacité des réponses en santé publique.

Le changement de regard amené par la RdR Alcool s’adresse à toutes et tous. Il doit être porté de manière sociétale, collective.

Changer de regard parce que la stigmatisation, la honte et la culpabilité freinent l’accès au soin et peuvent aggraver la situation des personnes.

Changer de regard, c’est ouvrir la focale pour regarder au-delà de la dangerosité ou de la dépendance et intégrer les risques induits par la consommation. Toutes les manières de boire peuvent comporter des risques, pas seulement celles jugées excessives.

Le truc en plus pour les Pros

Changer de regard,
c'est aussi changer
de posture professionnelle

Mettre en œuvre la Réduction des Risques Alcool suppose, avant tout, un déplacement du regard professionnel.
Nos représentations — influencées par les normes sociales, les repères moraux et les discours dominants — façonnent nos pratiques, parfois sans que nous en ayons conscience.

Si l’alcool est d’abord envisagé sous l’angle de la dépendance, du manque de maîtrise ou de la faute, l’accompagnement risque de se centrer uniquement sur la réduction des quantités ou l’arrêt, laissant de côté d’autres dimensions essentielles.
Changer de regard constitue donc une condition préalable pour intégrer pleinement l’approche RdR Alcool.


Pour les professionnel·les du médico-social, de la santé ou de l’accompagnement,
élargir le regard permet :

En déplaçant la focale de la seule dépendance vers les situations à risque, la RdR Alcool offre un cadre pragmatique et opérationnel, complémentaire aux approches existantes. Elle sécurise les situations, soutient l’autonomie des personnes et renforce l’efficacité des accompagnements en proposant des réponses plus adaptées, plus efficaces et plus respectueuses des réalités vécues.

Pour intégrer concrètement la RdR Alcool dans vos pratiques :

Mythes à questionner

Et si on
parlait d’alcool
autrement ?

Les mots que l’on utilise comptent !

Un langage neutre et respectueux participe à la déstigmatisation, contribue à créer un climat de confiance et facilite l’accès aux accompagnements et aux soins.

Pourquoi
c’est important ?

pour considérer autrement les personnes consommatrices

pour faire évoluer nos pratiques et mettre en lumière des besoins souvent ignorés 

pour donner à voir la diversité des situations vécues et souligner le besoin de nouvelles perspectives

Exemples de reformulation
pour rouvrir le champ des possibles

Alcoolique

Le terme alcoolique, souvent perçu comme une injure, est chargé de jugements et de représentations négatives. Il est donc préférable d’utiliser l’expression personne consommatrice d’alcool, plus objective et sans jugement. Ce terme n’enferme pas la personne dans une identité négative, ne la définit pas par une incapacité et ne la réduit pas à une maladie.

personne
consommatrice d’alcool

Le + de la RdR Alcool :

L’expression personne consommatrice d’alcool permet de s’adresser à toutes et tous et d’aborder l’ensemble des situations liées à une consommation d’alcool, et pas uniquement celles associées à une pathologie.

Problème d’alcool

L’expression problème d’alcool, fréquemment utilisée, tend à laisser entendre que l’alcool serait à lui seul le problème et que son retrait constituerait la solution. Cette lecture ne prend pas en compte le fait que l’alcool peut aussi fonctionner comme une solution d’adaptation, et que toute consommation s’inscrit dans une logique : des effets sont recherchés pour faire face à une situation, à un contexte ou à un besoin.

Solutions d’adaptation

Le + de la RdR Alcool :

Parler de solutions d’adaptation permet de dépasser une vision centrée sur le seul dysfonctionnement et d’ouvrir un espace de compréhension. Cette approche facilite l’identification des besoins réels et soutient l’ajustement de stratégies concrètes de réduction des risques, en cohérence avec les situations vécues.

Déni

La notion de déni est souvent comprise comme le fait de ne pas reconnaître sa situation ou de n’en avoir pleinement conscience. Elle fait porter l’entière responsabilité de l’absence de dialogue sur la personne qui consomme, sans tenir compte des situations de stigmatisation ou de jugement qui rendent nécessaire cette stratégie de protection.

stratégies de protection

Le + de la RdR Alcool :

Parler de stratégies de protection permet de reconnaître que parler de ses consommations d’alcool est une épreuve pour de nombreuses personnes, que des conditions favorables sont nécessaires pour instaurer un climat de confiance, et qu’il est normal de n’en parler que lorsqu’on se sent en sécurité. 


Outil

Le stigmatomètre

Un regard, un mot, une attitude peuvent tout changer !

Le Stigmatomètre RdR Alcool est un outil conçu par l’association pour lutter contre la stigmatisation des personnes concernées. Basé sur des témoignages et des expériences vécues, il met en lumière l’impact des jugements et des stéréotypes. Plutôt que de stigmatiser, misons sur un discours de rétablissement, inclusif et résolument positif, pour déconstruire les stéréotypes qui excluent et éloignent du soin.

Attitude face à l'alcool, quels impacts ?

Les attitudes qui soutiennent !

Acceptation et soutien
sans jugement

Impact
favorise la confiance en soi, la parole et la possibilité de demander du soutien

Empathie et respect

  • Est à tes côtés sans te juger
  • Offre un soutien bienveillant sans condition d’arrêt des consommations
  • A confiance en toi et te respecte
  • Comprend tes difficultés
  • Ne te réduit pas à ta consommation d’alcool

Petites remarques, grands effets !

Curiosité maladroite
ou moquerie

Impact
déstabilise, crée du malaise et amplifie
la perte de confiance en soi

Attitude déplacée
et jugements légers

  • Pose des questions intrusives et indiscrètes
  • Se moque de toi
  • Fait des blagues sur ta consommation
  • Donne des conseils inadaptés ou irréalisables
  • Considère que tu pourrais facilement faire autrement

Le poids des mots et des attitudes

Remarques intrusives
et désobligeantes ou conseils
non sollicités

Impact
renforce la honte et la culpabilité, la mésestime de soi, le repli sur soi et pousse les personnes à dissimuler leur consos

Préjugés et micro-agressions

  • Fait des reproches
  • Met toutes tes difficultés sur le dos de l’alcool
  • Évite de te fréquenter à cause de ta consommation
  • Critique ouvertement ta consommation
  • Parle de ta consommation à d’autres personnes sans ton consentement
  • A des réactions hostiles et de rejet

Les attitudes qui blessent !

Humiliant, rejetant
et culpabilisant

Impact
installe le tabou, intensifie la détresse,
l’isolement et le sentiment de fatalité.

Exclusion et discrimination

  • Te refuse l’accès ou t’exclue d’activités sociales ou professionnelles
  • Fait des commentaires dégradants ou humiliants
  • Refuse de te fournir des services ou des soins à cause de ta consommation
  • Commet des violences verbales ou physiques en lien avec ton rapport à l’alcool

FAQ

Osez poser vos questions

Des questions légitimes pour mieux comprendre le sens et les enjeux de la Réduction des Risques Alcool.

Exact. Chacun applique déjà certains principes de manière intuitive et pragmatique dans sa vie quotidienne ou auprès des personnes concernées. La RdR Alcool s’inscrit désormais comme une approche de santé publique complémentaire à celles existantes, pour mieux accompagner chacun dans la réduction des risques.

Non. Elle s’adresse à toute personne consommant de l’alcool, quel que soit son objectif, pour repérer ses propres risques et améliorer son bien-être.

Parce qu’elle agit autrement ou en complément. Elle permet de sécuriser les situations, de répondre à des besoins souvent invisibilisés et de renforcer l’efficacité de l’accompagnement, tout en respectant la diversité des situations vécues et les choix des personnes, là où certaines approches plus traditionnelles montrent leurs limites.

Non. Au contraire, la démarche reconnaît la capacité des personnes à être responsables de leurs choix, en les outillant et en les incitant à identifier et réduire les risques, tout en renforçant leur autonomie, leur sécurité et leur bien‑être.

Non. Elle consiste à observer les consommations telles qu’elles sont réellement, pour agir de manière ciblée, les faire évoluer et réduire les risques associés.

Non. La démarche s’inscrit dans une approche de santé publique : elle reconnaît les risques réels liés à l’alcool et veille à offrir à chacun des solutions concrètes pour les réduire, tout en recherchant l’amélioration de la qualité de vie.

Par ses résultats concrets : amélioration du bien‑être et du quotidien dans toutes ses dimensions, meilleur équilibre de consommation, sécurité renforcée, prise en compte des besoins de santé et accompagnement plus efficace dans le parcours de soins.

Oui. Elle repose sur des principes simples et concrets, accessibles à tous les intervenants comme aux personnes concernées : observer les consommations dans leur réalité, identifier les risques et agir pour les réduire, sans jugement.

Pas du tout. C’est un outil progressif et pragmatique, au service de l’accompagnant.e, qui permet de créer une nouvelle alliance avec la personne et de renforcer les actions déjà engagées pour son accompagnement. 

Non. La RdR Alcool ne consiste pas à supprimer les règles ou l’interdit, mais à les repenser pour mieux interroger leur rôle protecteur. Elle permet de réévaluer comment le cadre peut réellement sécuriser les personnes, en adoptant une posture plus ouverte et bienveillante. L’objectif est de mettre le cadre au service de la réduction des risques, de la sécurité et du bien‑être, tout en respectant les obligations légales et institutionnelles.

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Ensemble, faisons évoluer les regards.